Portrait de membre : Sonia Molina

6 mai 2026

Portraits de membres

Après des études en langues et en sciences politiques, Sonia s’est orientée vers le développement durable, où elle a développé une spécialisation en responsabilité sociale des entreprises, guidée par le désir d’avoir un impact concret au sein des organisations. Son arrivée à Montréal a marqué un nouveau chapitre, où elle a consolidé son expertise en ESG tout en s’impliquant activement dans des réseaux professionnels.

Aujourd’hui, elle accompagne les organisations dans leurs démarches durables avec une approche humaine, engagée et profondément ancrée dans ses valeurs, à travers son poste de directrice durabilité et ESG au sein de Casacom, firme de communications et de relations publiques. 


Qu’est‑ce qui vous a attirée vers les langues étrangères appliquées et les études internationales au début de votre parcours?

La curiosité de m’ouvrir à d’autres cultures a été mon premier moteur. J’ai aussi une affinité naturelle avec les langues en général. En apprendre de nouvelles a toujours été pour moi une façon de créer du lien et de m’ouvrir à des perspectives différentes.

Ce parcours m’a permis d’évoluer dans un cadre d’études assez large, ce qui a été précieux pour explorer, tester et affiner ce que je voulais vraiment faire. À ce moment-là, je voulais m’orienter vers la coopération internationale, les langues et les études internationales ont été ma première façon de m’inscrire dans cette voie.

Y a‑t‑il un moment précis où vous avez senti que votre trajectoire prenait une nouvelle direction?

J’ai assez tôt ressenti que je ne pourrais pas dissocier mon travail de mes valeurs. Pour moi, il n’a jamais été envisageable de faire des compromis sur le sens de ce que je fais au quotidien.

Cette orientation ne vient pas de nulle part. Dès l’enfance, j’avais déjà cette volonté de contribuer, que ce soit à travers le droit ou en imaginant fonder une organisation pour défendre les droits des enfants. J’ai grandi dans un environnement où l’entraide faisait partie du quotidien, mes parents étant famille d’accueil. J’ai donc été très tôt exposée à des réalités humaines fortes et différentes, ce qui a profondément façonné ma manière de voir le monde et mon envie d’agir.
Avec le recul, je réalise que j’ai toujours suivi cette trajectoire, en cherchant à aligner mes choix professionnels avec cette volonté d’impact. Le vrai déclic s’est fait lors de ma première expérience en RSE, en alternance pendant mes études. C’est à ce moment-là que j’ai compris que la RSE pouvait être le point de convergence entre mon besoin d’avoir un impact et mon envie de me développer professionnellement.


Qu’est-ce qui vous a fait passer de la collaboration internationale au développement durable?

Je crois que c’est en partie mon impatience qui a provoqué ce basculement. J’avais besoin de voir plus concrètement et plus rapidement l’impact de ce que je faisais.

Pendant mes études en langues, j’ai eu l’opportunité de faire un stage au Programme alimentaire mondial de l’ONU, à Rome. L’expérience a été extrêmement enrichissante et formatrice. Cela dit, elle m’a aussi exposée à la complexité des dynamiques de collaboration internationale, aux délais et aux multiples niveaux de coordination. J’y ai beaucoup appris, mais j’ai aussi ressenti un certain décalage avec mon besoin d’action plus directe.

Le passage vers le développement durable s’est donc fait naturellement. J’y ai vu un espace où je pouvais agir de façon plus tangible, influencer les décisions et contribuer à transformer des modèles qui ont un effet structurant sur la société.

Comment définissez-vous votre impact personnel dans le domaine du développement durable?

Je définis souvent ma contribution comme le fait de « planter des graines ». C’est une image qui me parle, parce que je vois mon rôle comme celui de déclencher des réflexions, d’ouvrir des perspectives et d’accompagner des prises de conscience qui, avec le temps, se traduisent en actions concrètes.

Cet impact, je le vois dans les projets que je mène, mais aussi dans les échanges du quotidien, que ce soit avec mes collègues ou mes clients. Parfois, c’est une conversation qui fait évoluer une décision, parfois c’est une démarche structurée qui transforme la façon dont une organisation se positionne.

Ce qui m’importe, c’est ma capacité à influencer des trajectoires. Si une idée continue de cheminer après mon intervention et qu’elle se concrétise, alors je considère que j’ai eu un réel impact.

À quel moment avez-vous compris que la responsabilité sociale d’entreprise serait votre voie?

C’est davantage un cheminement qu’un moment précis. Il a commencé à la suite de mon stage avec l’ONU, qui m’a amenée à réaliser mon besoin d’agir de manière plus directe dans mon travail. Un an plus tard, au moment de choisir mon alternance pendant mes études, cette réflexion s’est poursuivie. Je me suis posé une question assez simple : où se situent aujourd’hui les plus grands leviers de transformation, à la fois positifs et négatifs, sur les enjeux humains et environnementaux? Pour moi, c’était du côté des entreprises compte tenu de la place qu’elles occupent dans nos modèles économiques et sociaux.

C’est à ce moment-là que j’ai compris que la responsabilité sociale d’entreprise serait la voie la plus cohérente.

Qu’est-ce qui vous motive à accompagner les organisations dans leur transformation?

Je suis peut-être trop optimiste, mais je dirais que c’est l’espoir. L’espoir de me dire que les organisations peuvent évoluer et qu’elles peuvent réellement contribuer à changer les choses.

Ce qui me motive, c’est cette conviction que nous ne sommes pas contraints de reproduire les mêmes modèles. Il existe d’autres façons de faire, plus responsables, plus durables, et il faut des personnes pour les porter, les incarner et les faire avancer.

Et puis, il y a aussi une forme de responsabilité. Je me dis que si ces transformations doivent avoir lieu, autant qu’elles soient accompagnées par des personnes qui sont profondément alignées avec ces enjeux et qui ont à cœur de les faire avancer de manière sérieuse et engagée.

Comment votre environnement personnel ou vos expériences de vie ont-ils influencé votre leadership?

Le fait d’avoir grandi dans une famille d’accueil a beaucoup influencé mon leadership. C’est une enfance assez particulière, où l’on apprend très tôt à faire de la place à l’autre. Je me souviens que mes parents pouvaient nous annoncer un dimanche soir qu’un nouvel enfant allait arriver dans la semaine, et qu’il fallait l’accueillir, lui laisser de l’espace, l’intégrer naturellement, sans jamais le traiter différemment.

Ça m’a vraiment appris l’empathie, le respect et la bienveillance de façon très concrète. J’ai grandi avec cette idée que chacun arrive avec son histoire, et que notre rôle, c’est d’essayer de soutenir plutôt que de juger. Aujourd’hui, je retrouve beaucoup ça dans ma façon de travailler et de gérer les relations.

Et puis j’ai aussi grandi entourée de garçons, avec mes trois frères notamment, donc j’ai appris assez tôt à me faire entendre, parfois de manière subtile. À trouver ma place sans forcément prendre toute la place. Avec le recul, je pense que ça a beaucoup construit ma manière de m’exprimer aujourd’hui, à la fois affirmée, mais toujours attentive aux autres.

Quel conseil donneriez-vous à une femme qui souhaite se lancer en développement durable?

De ne pas avoir peur de prendre sa place et d’assumer qu’il existe d’autres façons de faire les choses. Et surtout, de ne pas attendre d’être « prête ». C’est quelque chose que l’on fait souvent, attendre d’avoir la bonne certification, le bon titre, le bon cadre avant de se lancer. Alors qu’en réalité, si vous êtes attirée par le développement durable, c’est déjà que vous avez une sensibilité, une compréhension et une envie d’agir.

Ce domaine, et surtout dans le monde corporatif, a besoin de personnes engagées, qui veulent faire évoluer les pratiques et poser des questions différentes. Vous n’avez pas besoin d’avoir toutes les réponses pour commencer.

Comment avez‑vous entendu parler du Réseau des femmes en environnement pour la première fois ?

Par une autre membre, qui n’en disait que du bien. Ça m’a donné envie d’en savoir plus, et en découvrant le Réseau, j’ai vite compris qu’elle avait tout à fait raison.

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